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- Née en 1946 à Alger, Christiane CHAULET ACHOUR y a
vécu et travaillé jusqu’en 1993. Elle est actuellement Professeure de Littérature Comparée et Francophone au
Département de Lettres Modernes de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines de
l'Université de Cergy-Pontoise, depuis
septembre 1997 et Directrice du Centre de Recherche Textes et Francophonies
dans la même université, depuis Juin 2002 (CRTH, Centre de Recherche
Texte/Histoire devenu, depuis janvier 2006, CRTF, Centre de Recherche Textes et
Francophonies).
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- De 1967 à 1982, elle a été assistante et
maître-assistante à l’ENS de Kouba puis à l’Université d’Alger et, à partir de
1982, Maître de conférences puis Professeure au Département de français. Elle a
dû quitter le pays, début 94. Elle a été Maîtresse de conférences à
l’Université de Caen de 1994 à 1997 avant d’être élue Professeure à
Cergy-Pontoise.
A l’Université
d’Alger elle a eu à cœur d’animer, avec Dalila Morsly et d’autres collègues,
des activités de recherche dans un contexte pas toujours facile [responsable de
trois équipes de recherche de 1979 à 1992 et participation à des équipes
algéro-françaises, entre 1990 et 1993] et des activités plus militantes
extra-universitaires pour l’analyse, l’écriture et la connaissance des écrits
de femmes. Elle a aussi participé aux différentes commissions, dans les années
80, de réforme de l’enseignement du français dans l’université algérienne. En
effet, après l'accession à l'indépendance, l'Algérie a tenu à redéfinir
l'enseignement de la licence de Lettres Modernes, devenue licence de français, pour la formation des
enseignants de cette langue dans un contexte de politique linguistique assez
tendu (récupération de la langue arabe comme langue nationale et
re-dimensionnement de la langue française dans le contexte post-colonial). La
tâche des enseignants de français
à l'Université était donc délicate : trouver l'équilibre entre le maintien de
l'enseignement d'une langue, de ses littératures et de ses cultures et
l'adaptation à un nouveau projet de société. C'est ainsi qu’elle a participé à
toutes les commissions ministérielles de redéfinition du profil de formation
supérieure en langue française de 1972 à 1981 et ensuite initié l'ouverture de
plusieurs enseignements de la littérature française et francophone : critique
littéraire, didactique de la littérature, Littérature française du XIXe
et Xxe s.,
Littératures francophones, rapport des littératures traditionnelles et des
littératures contemporaines, thématiques comparatistes plus tournées vers le
Monde arabe, l’Afrique
sub-saharienne, la Caraïbe et l'Amérique Latine que vers l'Europe. Dans cette perspective, elle a été
responsable de nombreuses équipes pédagogiques pour la formation de jeunes
assistants à l'Université.
Renouant
avec cette réflexion en Algérie, elle participe, en France, à intégrer
l'enseignement des francophonies littéraires dans le secondaire et le
supérieur, [en octobre 2000, séminaire national organisé par le Ministère de
l'Education Nationale sur « Les nouveaux objectifs de l'enseignement du
français dans le secondaire » : communication et animation d'un atelier
sur les "Francophonies littéraires" (Actes publiés) et orientations
dominantes de ses enseignements, de ses activités de recherche et d’encadrement]
- Le 30 janvier 1982, elle soutenait à Paris III- La Sorbonne nouvelle sa
thèse de Doctorat d'Etat es Lettres, Langue française et colonialisme en
Algérie. De l'abécédaire à la production littéraire, sous la
direction de M. Le Pr. Roger Fayolle. (Jury de soutenance : Mme. La Pr. Jacqueline Arnaud, Mrs. les Pr. Claude Abastado, Jean-Claude Chevalier, Roger Fayolle et
Henri Mitterand). Ce travail portait prioritairement sur l'Histoire de la
pénétration du français en Algérie, de son maintien post-colonial et de son
importance dans l'émergence de l'écriture littéraire; et, en conséquence, sur
la littérature algérienne de langue française et plus généralement sur les
littératures francophones, ses travaux postérieurs ont approfondi ce domaine.
Dans une perspective comparatiste et dans celle de l'appréciation d'un
héritage, de définition d'un patrimoine, les oeuvres littéraires d'Algérie
(coloniales et nationales) ont été traitées parce que dessinant, dans les
champs culturels et socio-politiques français et algérien, un espace
d'affrontements, de dialogues, d'interférences multiples et contradictoires.
C'est dans la même perspective que sont étudiées des oeuvres africaines et
antillaises de langue française. Le souci constant est de mettre les oeuvres
francophones en articulation avec celles de la littérature française avec
lesquelles elles entretiennent des relations complexes, allant de la déférence
à l'autonomie créatrice.
- Mais
deux autres grandes orientations, initiées dans ses premiers mémoires (DES et
Thèse de 3ème cycle) ont continué à « habiter » ses
préoccupations de chercheuse, toutes ces années-là : * celle des relations
de la France et de l'Andalousie musulmane qui a trouvé son prolongement dans les études sur
les contacts Europe/Monde arabe ; * celle des écrivains
"périphériques" français comme Jules Vallès qui trouve son
prolongement dans un intérêt jamais démenti pour les périphéries littéraires et
le rapport des oeuvres littéraires à l'Histoire.
Réfléchissant
à l'enseignement du français dans un contexte national où cette langue seconde
était privilégiée mais traitée avec beaucoup de complexité [non-reconnaissance
officielle et pratique quotidienne attestée dans tous les domaines], intérêt
également pour les méthodes et approches critiques susceptibles d'avoir des
retombées pédagogiques palpables ou scientifiques efficaces comme la poétique
et la narratologie, la sociocritique (avec la notion centrale
d'intertextualité) et les méthodes de l'histoire littéraire pour des étudiants
dont la langue et la culture d'origine étaient autres et qui ne possédaient pas
le bagage culturel qu'acquiert, en France, un élève du secondaire dans ce
domaine.
- Son souci,
actuellement, en sa qualité de Directrice de centre de recherche, est d’ouvrir
les recherches (thèses nouveau régime et activités multiples) à des corpus
francophones ou à des problématiques impulsant une véritable prise en charge
d’une mémorialisation active et non victimaire du passé colonial français et de
ses effets dans les sociétés d’aujourd’hui (mémoire de l’esclavage, mémoire de
la guerre d’Algérie/guerre de libération nationale, héritage des jeunes issus
d’immmigrations coloniales et post-coloniales). Elle souhaite également donner
le plus possible aux jeunes chercheurs les moyens et les espaces pour faire
connaître leurs travaux, en les publiant, soit dans la collection monographique
du Centre, soit dans des collections ou revues d’autres instances, en
partenariat. Son activité de directrice de recherche (Masters et Thèses) est
intense.
- Elle continueà entretenir des rapports fréquents avec son université d’origine en encadrant
des thèses de doctorat (dans les départements de français et par le biais de
l’Ecole Doctorale Algéro-Française) et par l’intervention dans des colloques et
ouvrages collectifs.
- Spécialiste de la liaison entre l’enseignement du
français dans la période coloniale et post-coloniale et de l’écriture
littéraire, elle a publié de nombreuses études (articles et ouvrages) sur la
littérature algérienne (et plus largement maghrébine), sur la littérature du
Machreck ainsi que sur les littératures de la Caraïbe. Elle est
aussi attentive à tout ce qui concerne le féminin dans les productions
littéraires et artistiques et à son intervention dans le champ culturel ainsi qu’aux
marginalités qui se manifestent dans des productions périphériques par rapport
à un « centre » régulateur des lectures et de la diffusion des
textes.
Ses Axes principaux de recherche sont : Littératures
du Maghreb et du Machrek - Ecritures des femmes autour de la Méditerranée -
Littératures caribéennes - Littérature romanesque africaine sub-saharienne -
Histoire du français (Langue et Littérature).
Connaissance
d’écrivains [Anthologie, Myriam Ben, J-E.Bencheikh, Camus, Andrée Chedid,
Frantz Fanon, Mouloud Feraoun, Nancy Huston, Daniel Maximin, Malika Mokeddem,
Jean Sénac, Jules Vallès].
Questions
à la littérature (sociocritique, histoire littéraire, analyse textuelle et
intertextuelle) – Humour.
Problématiques
diverses : * Esclavage - * Les Mille et une nuits et la littérature
contemporaine –
*
Image et Littérature – * Littérature et
banlieue
- Parallélement
à ces activités universitaires, interventions en Algérie
(1978-1994) plus ouvertes vers le grand public par des articles
dans la presse, par des émissions radiodiffusées, par des préfaces d'oeuvres
algériennes inédites ou d'oeuvres françaises rééditées ou des textes
d'accompagnement de créations algériennes en peinture ; l'objectif étant à
la fois de faire connaître un patrimoine littéraire et culturel en français (algérien
et universel) et de participer à une réflexion sur le pluralisme culturel.
Depuis
1991, participation en France, en Espagne, au Maroc, en Suède à plusieurs
rencontres sur les littératures francophones et sur les écrits des femmes pour
multiplier les échanges interculturels au centre desquels les littératures
francophones tiennent une place importante. Ces échanges prenaient la suite et
ont accompagné la participation au réseau associatif des femmes en Algérie
(co-fondatrice, en particulier, de deux groupes de recherche et d'écriture de
femmes algériennes, entre 1984 et 1994, "Présences de femmes" et le
"Groupe Aïcha").
- Appartenance à des Associations, des Sociétés
d'études ou des revues en qualité de collaboratrice permanente :
-
à Algérie Littérature/Action, Paris, Marsa Editions, revue littéraire
créée en mai 1996 pour promouvoir la littérature algérienne contemporaine. Participation
au comité de lecture, au choix des inédits à publier, publication de nombreux
entretiens d'écrivains, compte-rendus, articles. ( Cf. Liste des publications
pour le détail des articles publiés).
-
aux ELA, Etudes Littéraires Africaines, Bulletin de l'APELA (Association
pour l’étude des Littératures Africaines) sous la direction du Pr. Daniel
Delas.
-
Membre de la Coordination internationale des chercheurs en Littérature Maghrébine (CICLIM). Membre du
comité de parrainage d'Expressions Maghrébines, nouvelle revue de la
coordination, n°1 pour mars 2002.
-Membre de la Société
Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC).
-
Membre de l’Association nationale algérienne « Mémoire de la Méditerranée ».
-Membre de l’Association Coup de Soleil-Paris, organisant chaque année « Le
Maghreb des Livres ».
Elle
a également collaboré :
-
au Maghreb Littéraire, revue canadienne (Toronto) créée en 1996.
-
au Bulletin de l'Afrique francophone (London).
-
à la revue Les Amis de Jules Vallès (Saint-Etienne).
-
à Humoresques, revue de CORHUM (Presses Universitaires de Vincennes,
Paris VIII).
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